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Béatrice Dalle - Lucrèce, c’est elle
Elle aurait rêvé de tourner pour Pasolini, Fassbinder, Bergman. Trois grands réalisateurs mais aussi trois grands metteurs en scène de théâtre. Et pourtant, Béatrice Dalle n’avait encore jamais fait de théâtre. Enfin jusqu’à cet été où elle sera sur scène pendant deux mois au Château de Grignan dans Lucrèce Borgia. Lucrèce, c’est elle. Elle c’est Lucrèce. C’est comme ça qu’elle a toujours envi- sagé ses rôles, de l’obsédante Betty de 37,2 le matin à la Gloria punk de Bye bye Blondie, en passant par la pseudo mère criminelle du film d’horreur A l’intérieur. En fait, c’est David Bobee, le metteur en scène, qui l’a séduite, pas Lucrèce. Même si elle avoue que les grands textes la fascinent et qu’elle se régale en apprenant les mots de Victor Hugo. Il faut dire que l’héritière des Borgia traîne derrière elle une réputa- tion d’empoisonneuse et d’incestueuse. Gennaro, le fils dont elle veut tant se faire aimer dans la pièce est issu de sa relation avec son frère Jean Borgia. Et il se pourrait qu’elle veuille aussi séduire le jeune homme... Béatrice Dalle a le sens du tragique. D’ailleurs, elle ne donne pas dans l’art-social. Elle cherche ce qui est grandiloquent, opératique. Elle aime Lucrèce, mais elle aime aussi Médée, Callas, Adjani et Huppert. Rendez-vous à Grignan.