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Le Champagne vin des Français ? Imaginaires et représentations autour du "vin des rois" durant la première guerre mondiale / Anaïs Bertrand
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A l'instar de l'ensemble des sociétés des pays belligérants, rentrée en guerre constitue une rupture importante pour l'ensemble des Champenois. Celle-ci met un terme à une période d'essor du négoce en vins de Champagne, dont la production a évolué et s'est considérablement accrue au XIXe siècle. A la veille de la guerre, le champagne constitue un pilier de l'économie champenoise mais est affaibli par la crise phylloxérique et de vives tensions entre négociants et vignerons. Dès le début du conflit, le front s'installe en Champagne. La ville d'Epernay est occupée par l'armée allemande du 4 au 11 septembre 1914 et celle de Reims du 3 au 12 septembre. L'emblématique cathédrale de la Cité des Sacres est incendiée le 19 et la ville, située à proximité immédiate du front, subit au total 1051 jours de bombardements et est détruite à 90% à l'issue du conflit. En dépit de ces conditions, les négociants en vins de Champagne vont tenter de maintenir leurs activités sur le territoire champenois. Les sites de production rémois sont délocalisés, mais la quasi-totalité des stocks se situent à Reims et à Epernay. C'est donc depuis ces deux villes que les négociants entendent poursuivre leur activité commerciale. Préférant les expéditions à l'évacuation, les maisons voient dans voient dans leurs activités commerciales le moyen de minimiser les risques de pillage ou de destruction. Les possibilités d'exportations étant amoindries par le conflit, les négociants doivent donc s'appuyer sur un marché français jusque-là secondaire.
Voir le numéro de la revue «Historiens et géographes, 448, 01/11/2019»
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